Repère : décollage économique «imminent»

16 août 2013 Commentaires fermés sur Repère : décollage économique «imminent»

La réunion tripartite, gouvernement-patronat-UGTA, prévue pour la rentrée prochaine, fera la part belle aux dossiers économiques et à la relance de l’investissement, selon les annonces officielles. L’on ne se chamaillera donc vraisemblablement pas autour d’une triste petite revalorisation du SNMG qui servirait, selon les négociateurs, à garantir, pour deux ou trois mille dinars, un significatif rattrapage de pouvoir d’achat. Cette année, nous disent les décideurs, il est question de débattre et d’annoncer de grandes décisions pour sortir définitivement de la crise de compétitivité et d’investissement, atrocement aggravée depuis que la rente du pétrole cher est érigée en relais fondamental de la croissance.

En clair, la tripartite de septembre nous propose, ni plus ni moins, de nous emmener, au bout d’une nuit de négociations à Djenane El Mithak, vers les doux rivages du décollage économique et d’une croissance auto-entretenue. Comme il est d’usage en Algérie, toute cette idée de «grenelle de développement» est née d’une simple réaction épidermique face aux chiffres effrayants des importations et d’évaporation des devises du pays et donc de la rente qui sous-tend jusqu’à sa fragile cohésion sociale. Pendant toute une décennie, l’Algérie a complètement tourné le dos à l’investissement productif, à tel point qu’elle n’y consacre guère plus de 2% de son PIB.

Ce triste constat, souvent martelé par des experts et autres acteurs économiques, n’a pourtant jamais suffi à susciter un quelconque réveil des décideurs, qui continuaient durant tout ce temps à confiner toute l’économie domestique dans de massifs et budgétivores programmes d’équipements publics. Aujourd’hui, de crainte que la rente des hydrocarbures vienne à ne plus suffire à financer nos appétits gargantuesques à l’importation, le gouvernement annonce avoir décidé d’enclencher prestement un cycle vertueux de diversification économique.

En guise d’idées «neuves» pour y parvenir, il est proposé un meilleur encadrement du commerce extérieur et des transferts de devises à l’étranger, l’amélioration du climat des affaires, la promotion de l’acte d’investir, la facilitation de l’accès au foncier et aux crédits bancaires et, pour couronner le tout, une toute nouvelle stratégie industrielle, a priori plus salvatrice que celles initiées et vites oubliées par un passé très récent. Voilà donc autant de prouesses que le gouvernement propose de rendre possibles à la faveur d’une simple rencontre tripartite.

En somme, le même discours usé auquel nous avons droit à chaque fois que l’équilibre de la balance des paiements extérieurs risque d’être menacé par trop d’import de tout et de rien ou par peu d’export de gaz et de pétrole. Un discours et point d’actions concrètes ou de ressources publiques à réorienter vers des secteurs considérés par les experts comme porteurs de compétitivité : l’agriculture, l’agroalimentaire, les nouvelles technologies, l’industrie pharmaceutique et autres segments qui pourraient au moins aider à trouver quelques substituts à l’importation.

 

Par: Akli Rezouali

 

Source: http://www.elwatan.com

Articles liés

Les commentaires sont fermés.