Marché publicitaire algérien : Les professionnels réclament un cadre légal

14 décembre 2014 Commentaires fermés sur Marché publicitaire algérien : Les professionnels réclament un cadre légal
Marché publicitaire algérien : Les professionnels réclament un cadre légal

Une ombre épaisse voile le marché de la publicité en Algérie. Les experts et les professionnels recommandent la mise sur pied d’un cadre légal, seul capable de régir le marché et la profession à la fois. C’est ce à quoi sont parvenus les intervenants sur un secteur aussi sensible que la question des subventions des produits alimentaires et énergétiques.

La réorientation et la régulation de la pratique publicitaire sont indispensables, estiment les experts. Les Marocains parviendront à créer une autorité de régulation professionnelle de la publicité en Mars 2015, à l’occasion d’un Forum mondial des annonceurs, prévu à Marrakech. Les Tunisiens ont également blanchi sous le harnais dans le domaine de la régulation publicitaire. Les deux marchés voisins sont réputés d’ailleurs plus dynamiques et plus professionnels que le marché algérien. Les professionnels du secteurs le disent sans gêne, encore moins une arrière-pensée politique. En Algérie, à défaut d’une initiative provenant des professionnels (annonceurs, agences de publicités et médias), c’est l’Etat qui s’y met.

30 textes à valider

La volonté de gouvernement est d’asseoir un dispositif réglementaire à même de régir le secteur et de mettre un terme à « l’anarchie ». L’Etat demeure le grand annonceur, mais il n’est plus le seul diffuseur audiovisuel. Malgré le rattrapage de ces dernières années, en termes de croissance, le marché publicitaire algérien souffre encore d’un important déficit d’organisation et de régulation. C’est pourquoi l’Etat a enfilé, illico presto, son costume de régulateur, préparant une trentaine de textes qui devraient être validés début 2015. La nouvelle loi sur la publicité dans les medias «ambitionne d’organiser les activités publicitaires, de protéger le consommateur et le public et de fixer les conditions nécessaires à l’exercice de la communication publicitaire à travers tous les types de supports», explique le ministre de la Communication, Hamid Grine, dans une interview accordée au cabinet de recherche et de conseil, Oxford Business Group. L’équipe, récemment installée au ministère de la Communication, «entend combler le vide juridique en la matière en élaborant un projet de loi sur la publicité prévoyant les mécanismes nécessaires et adéquats pour promouvoir une éthique et une déontologie dans le marché de la publicité», a-t-il indiqué.

De l’autodiscipline

Les professionnels entendent les paroles des officiels mais attendent surtout les actes. S’il est vrai que des signes de regain d’intérêt sont décelables chez les professionnels de la publicité, l’immobilisme est parfait. C’est l’avis même de Rachid Hessas de RH International Communication, organisateur, chaque année, des journées euro-maghrébines de la communication publicitaire. L’incapacité persistante des professionnels à s’organiser réduit, en partie, l’essor du marché, sa régulation par les professionnels et la professionnalisation du métier de la publicité. Le verdict de Rachid Hessas est sans appel. Sur le plan d’organisation et d’autodiscipline, l’Algérie continue de reculer. Stéphane Martin, Président de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, plaide, lui, pour une régulation étatique « souple » et une « autodiscipline » pour les professionnels de la publicité eux-mêmes, l’une n’étant pas « incompatible » avec l’autre, a-t-il affirmé. Autrement dit, oui à la régulation de l’Etat, mais elle ne doit en aucun cas exclure la mise sur pied d’une autorité de régulation par les professionnels.

Un marché de 500 millions de dollars

Le marché de la publicité algérien pèse pour environ 300 millions de dollars dans sa partie médias. Il n’a peut-être pas dit son dernier mot puisque le potentiel est beaucoup plus important, estime Riad Ait Aoudia, Directeur général de MediAlgeriA. Les recettes du marché se chiffrent à un peu plus de 500 millions de dollars si l’on inclut la partie salons, foires et sponsoring. La partie médias ne représente que 50% du marché. Les investissements publicitaires en Algérie sont portés surtout par les opérateurs de téléphonie mobile, Ooredoo, Mobilis et Djezzy en l’occurrence, par les concessionnaires automobiles, les groupes agroalimentaires dont notamment Cevital. Pour les années à venir, l’optimisme reste de mise chez les professionnels qui tablent sur une bonne croissance du marché publicitaire algérien.

 

Source: http://www.leconews.com/

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