«Revoir le système des prix et des subventions pour relancer l’investissement»

18 février 2013 Commentaires fermés sur «Revoir le système des prix et des subventions pour relancer l’investissement»

L’ancien ministre des Finances, le Dr Abdelatif Benachenhou a appelé, hier, lors d’une conférence-débat au Forum d’El Moudjahid à une « révision en profondeur du système des prix et des subventions » pour escompter relancer l’investissement productif.

 

 

La révision du système des prix et des subventions touchera aussi bien le secteur concurrentiel que celui non-concurrentiel et « on peut le faire sans toucher à la paix sociale », rassure le Dr Abdelatif Benachenhou. L’ancien ministre des Finances qui avait, il y a quelques années, proposé une taxe sur le gasoil, rejetée par les parlementaires, a défendu l’idée que cela favorise de nouveau l’investissement, rappelant le cas de Naftec, entreprise de raffinage qui a cessé d’investir pendant 25 ans faute de marges suffisantes, ajoutant par là même d’autres entreprises qui mettent sur le marché des produits subventionnés comme l’Onalait ou la Sonelgaz qui fonctionnent à perte, n’étaient « les financements sur garantie de l’Etat », explique-t-il. Pour cette dernière, ce sont « 10 % des clients qui consomment les 40 % du produit » et il faut, dans ce cas là, selon lui « que les gros paient », au prix réel. En tous les cas, pour l’économiste algérien, il est sûr que l’entreprise n’investit pas quand « elle n’arrive pas à générer de la ressource ».

M. Benachenhou, qui vient d’éditer un livre sur les pays émergents, a débattu de la question de l’aptitude de l’Algérie à figurer parmi ce peloton des nouveaux acteurs de l’économie mondiale. Il commencera, d’abord, par définir, à travers une série de critères ce qu’est un pays émergent. (Afrique du Sud, Turquie, Mexique, Chili, Turquie, Inde, …) dont l’économie présente plusieurs aspects, à savoir une croissance importante, une économie diversifiée, des exportations dynamiques, sans oublier l’aspect social.

NOS IMPORTATIONS PEUVENT ÊTRE « DÉGONFLÉES » À 35 MILLIARDS DE DOLLARS
Il a expliqué, longuement, les défis qui se posent aussi à l’économie algérienne. Par-delà le renforcement du secteur des hydrocarbures qui constituent 70 % des ressources budgétaires et 98 % des recettes en devises du pays, il faut reconquérir aussi le marché intérieur. « Ce que je n’ai cessé de défendre depuis plusieurs années », dit-il, citant les secteurs où l’Algérie a des atouts. Il s’agit, bien entendu, des produits agricoles, de l’agroalimentaire qui sont « à notre portée » sans oublier d’autres créneaux tels les matériaux de construction, la pharmacie, le transport maritime très en retrait et qui « ne couvrent actuellement que 5 à 6 % des besoins … ».

Pour le Dr Benachenhou, on arrivera certainement, à travers de telles mesures à « réduire la facture des importations à 35 milliards de dollars, contre 60 milliards, actuellement, si on inclut et les marchandises et les services ».

Car, pour le conférencier, il y a, actuellement, vraiment « un problème de relance de l’investissement productif » qui se pose. Les chiffres sont là, seuls 2 % des montants alloués à l’investissement vont aux investissements propres comme la téléphonie, les matériaux de construction.

Pour le reste, 20 % vont aux équipements, 8 % à l’énergie et 5 % divers. Ce ne sont malheureusement pas des « investissements porteurs de spécialisation », affirme-t-il. En somme, conclut-il, nous faisons face et ce, « depuis 2006 à une crise de spécialisation » avec des exportations qui ont baissé en volume. Pour le pétrole, « on a une crise de volume, mais la hausse des prix (sur le marché international) a occulté cet aspect ». Contrairement au pétrole où il y a « une diversification des acheteurs » pour le gaz, « une crise de quantité et de prix » se cumule. Et pour ce produit, l’Algérie ne dispose que de quatre clients, dont seule la Turquie présente « une économie solide », selon lui, précisant que les autres, à l’instar de l’Espagne, la France et l’Italie sont « en crise de croissance avec des taux négatifs pour certains ».

 

Source: http://www.algerie360.com

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